Transport maritime à propulsion vélique: TOWT veut hisser les voiles en Côte d’Ivoire
Dans le cadre de la présentation de leurs activités et un futur lancement en Côte d’Ivoire, une délégation de l’entreprise Transoceanic Wind Transport (Towt) a séjourné à Abidjan. Le Nouveau Navire a rencontré Guillaume Le Grand, PDG de TOWT. Il nous indique l’opportunité à saisir pour la Côte d’Ivoire dans le sens de la décarbonation et de l’innovation.

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«Un projet novateur qui présente des taux de décarbonations radicaux»
Dites-nous comment est né TOWT.

Guillaume Le Grand, PDG de TOWT
Nous sommes une entreprise de transport à la voile née depuis 2011 du désir de ‘‘décarboner’’ l’industrie du shipping qui produit présentement 3% des émissions mondiales avec une projection à 17% en 2050. Le second constat, c’est que le vent au large est fiable. On sait qu’on va pouvoir router les navires à propulsion principale vélique. Enfin le troisième constat qui est un pari. Il s’agit de mettre en valeur du transport maritime autrement. Nous avons en 2011 commencé à affréter des voiliers de travail existant, des voiliers du passé (des vieux gréements). Au fur à mesure, nous nous sommes développés et avons existé en tant qu’entreprise. On a pu transporter près de 2000 tonnes et nous spécialiser dans certains domaines comme le café, le cacao, les spiritueux etc. Et avec l’objectif de mettre sur pied le voilier cargo.
En quoi votre projet est-il novateur ?
Certains évoquent une rétro-innovation. Je ne suis pas d’accord avec ce terme. Nous utilisons plus de 50 technologies à bord avec des mats carbone, des systèmes de dérive innovants etc. C’est du concentré de technologie issue du shipping, de la pêche, des bateaux gris issus de la croisière, de la course qui nous permet d’avoir un navire très solide, très fiable en acier capable d’éteindre son moteur plus de 95 % du temps. C’est un projet novateur qui nous permet de présenter des taux de décarbonation radicaux. Nous changeons complètement de paradigme. C’est également novateur par la pratique qui suit. Nous fournirons aux chargeurs l’accès à un label, une certification qu’ils pourront apposer à leurs produits. On pourra présenter au consommateur la trace GPS du navire qui a apporté le produit. Au-delà de ces aspects très techniques, on leur donne également une présentation de l’équipage et l’expérience maritime à bord. Nous mettrons deux navires au début, 16 en 2026 et 30 en 2030 si tout se passe comme il le faut. Nous apporterons et exploiterons des lignes régulières.
Qu’en est-il du transit time avec un voilier ?

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On est capable d’accéder à des terminaux qui ne dépendent pas des portiques. Nous avons des escales qui sont très rapides et qui peuvent s’approcher de votre entrepôt si vous être chargeurs, vu que les navires sont suffisamment petits pour être remplis par un ou deux clients. Et un transport dédié sur des routes directes. Donc partant à 10 nœuds et demi, on a un transit time qui est meilleur que celui des portes conteneurs qui vont aller à 16 nœuds avec de nombreuses escales dans plusieurs pays. Aujourd’hui, si on prend un conteneur de cacao qui quitte Yopougon pour arriver en Normandie, on sera entre 29 à 32 jours alors que nous serons à 17 jours pour nos voiliers. On va moins vite mais plus rapidement.
Du choix de la Côte d’Ivoire pour lancer ce projet en Afrique ?
Le choix de la Côte d’Ivoire est fondamental pour nous. Aujourd’hui, il y a un mouvement qui traverse le marché du chocolat qui est de lui redonner une valeur. On en consomme moins, mais on en consomme mieux. Nous sommes ici au cœur du cacao. Sur le continent africain la Côte d’Ivoire a un plus fort potentiel. Il y a une croissance d’une classe moyenne supérieure très importante. Nous avons également des associés comme Sogena ici en Côte d’Ivoire.
Quel bénéfice pour le pays ?
A l’export, le Cacao ivoirien peut gagner en changement d’image. C’est essentiel pour le pays en tant que premier producteur mondial de cacao. Cela peut permettre une différenciation de certaine variété cacao ivoirien sur les marchés du Nord. A l’import, nos partenaires peuvent avoir un élément de différenciation extrêmement fort. Car avoir un produit labélisé ‘‘Anemos’’ peut être un levier marketing et commercial important. La question du climat est essentielle sur le continent et avec ce projet, nous apportons du point de vue maritime notre pierre à l’édifice. En choisissant, la Côte d’Ivoire, le pays sera la porte d’entrée des flux en direction de la sous-région. Nous souhaitons avec l’Académie régionale des Sciences et Techniques de la Mer mettre en place une double formation avec des matelots ivoiriens pour un module voile. Cela permettra aussi de sensibiliser à tout le sens marin que permet un grand voilier. C’est important d’avoir des jeunes de l’Académie avec nous.
Comment ce projet a été accueilli ici ?

Photo de famille à l’issue de la rencontre en TOWT et le Port autonome de SAN PEDRO

La délégation de TOWT a également échangé avec le ministre des Transports ivoiren en présence du Dg du Port d’Abidjan
Nous avons pu rencontrer le Port d’Abidjan, le port de San Pedro et également eu des échanges avec le ministère des Transports qui ont tous favorablement accueilli le projet qui rejoint parfaitement la vision des autorités nationales et portuaires. Nous voulons faire de notre première escale ici un véritable moment de fête avec les autorités. Nous les remercions et transmettons encore une fois notre profond respect et toute notre considération.
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